L’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB) de Bamako accueille, du 19 au 21 mai 2026, un atelier de renforcement des capacités en plaidoyer, communication et élaboration de plan d’action des membres de la Coalition Malienne Genre, Sécurité et Changement Climatique (COMAGESC) qui est dans son rôle strategique de la stabilité et du vivre ensemble et d’autres organisations de la société civile malienne.
Placée sous le thème du plaidoyer, de la communication et de l’élaboration d’un plan d’action porté par les femmes et les filles, cette rencontre ambitionne de renforcer le leadership féminin dans la prévention des conflits liés aux changements climatiques.
Portée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Centre pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité de Genève (DCAF), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (PBF), cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Femmes maliennes mobilisées pour le climat, la paix et la sécurité ».
Pendant trois jours en mire une gouvernance inclusive, 45 participantes à Bamako avant une seconde session prévue à Ségou bénéficieront d’une formation axée sur les techniques de plaidoyer, de lobbying, de communication stratégique et d’élaboration de plans d’action. Au total, 90 femmes et jeunes filles influentes issues de la COMAGESC et d’autres organisations féminines seront formées.
Dans son allocution d’ouverture, la présidente de la COMAGESC, ex ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, presidente ONG Energia-Mali, Kéïta Aïda M’Bo, a rappelé que les femmes ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes des crises sécuritaires et climatiques, mais comme de véritables actrices de changement capables de proposer des solutions durables.
« La voix des femmes et des filles doit être entendue. Nous sommes des médiatrices, des expertes et des forces de proposition pour prévenir les conflits et renforcer la cohésion sociale », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la raréfaction des ressources naturelles, aggravée par les effets du changement climatique, accentue les tensions communautaires et fragilise davantage les populations déjà affectées par l’insécurité dans le centre du Mali.
Le représentant du Secrétariat du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, Kissima Sylla, a salué une initiative qui s’aligne sur les priorités nationales de résilience, de cohésion sociale et de développement durable.
Doté d’un financement de deux millions de dollars américains sur une période de 24 mois, le projet intervient dans les cercles de Bandiagara, San et Niono. Son objectif principal est de placer les femmes et les jeunes filles au centre des stratégies d’adaptation aux changements climatiques et de prévention des conflits.
« Dans un contexte marqué par l’interaction croissante entre les défis sécuritaires et climatiques, le renforcement des capacités des acteurs de la société civile apparaît comme un levier essentiel pour promouvoir une réponse inclusive et durable », a souligné le représentant du secrétariat du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, Kissima Sylla
De son côté, la représentante du DCAF, Mme Dramé Safi Diallo parlant des objectifs, a insisté sur la nécessité de permettre aux femmes et aux jeunes filles influentes de porter efficacement les enjeux liés au nexus climat-sécurité-genre auprès des décideurs maliens.
Les participantes seront notamment outillées sur : les enjeux du changement climatique et leurs impacts sécuritaires ; les techniques de plaidoyer, de lobbying et de communication ;
l’élaboration de messages de plaidoyer ; la préparation de rencontres avec les décideurs ;
le suivi et l’évaluation des actions de plaidoyer ; ainsi que la gouvernance inclusive des risques sécuritaires liés au climat.
L’approche pédagogique retenue repose sur des méthodes participatives incluant des travaux de groupes, des jeux de rôle, des débats et des séances de brainstorming afin de favoriser le partage d’expériences entre participantes.
Dans un contexte où les régions du centre du Mali restent confrontées depuis plus de deux décennies à des conflits multiformes, les initiateurs du projet estiment que l’implication active des femmes constitue un facteur déterminant pour la consolidation de la paix et le renforcement de la résilience communautaire.
À travers cette formation, le PNUD, le DCAF et la COMAGESC entendent ainsi faire émerger une société civile féminine plus engagée, capable d’influencer les politiques publiques et de contribuer à une gouvernance inclusive des défis climatiques et sécuritaires au Mali.
Sarr
No Comments