
Crise structurelle de la Formation Professionnelle : État des lieux et impératifs de réforme.

Monsieur le Président de la République, En ma qualité d’Enseignant-Formateur, de Président-Fondateur du Syndicat de la Formation Professionnelle (SYFOP) et d’élu local, je me fais le devoir de porter à votre très haute attention le déclin alarmant d’un secteur pourtant vital pour l’essor de notre nation : la Formation Professionnelle.
Si l’Agence Nationale de Formation et de Perfectionnement Professionnels (ANFPP) devenue Agence Nationale de Formation et d’Enseignement Professionnels (ANFEP) a connu une ère de performance entre 1973 et 1996-portée par une gestion directe de la taxe d’apprentissage – la rupture intervenue vers les années 1997 a plongé le système dans une léthargie profonde. Aujourd’hui, cette crise, devenue systémique, s’articule autour de deux axes critiques : le cadre institutionnel et la gouvernance.
Un cadre institutionnel frappé d’obsolescence
L’inadaptation du corpus législatif et réglementaire actuel paralyse l’exécution des réformes nécessaires. Cette défaillance institutionnelle engendre des conséquences délétères :
Rupture du Partenariat Public-Privé (PPP) : L’absence d’une synergie réelle avec le monde économique accentue l’inadéquation entre la formation dispensée et les exigences mouvantes du marché de l’emploi.
L’Inefficacité des concertations : Les Assises de la Formation Professionnelle de 2024, restées sans livrables concrets ni application des recommandations, apparaissent désormais comme une opportunité manquée, pour ne pas dire une « messe de trop ».
Conflits de compétences : Le chevauchement des attributions entre les différentes entités administratives dilue les responsabilités et freine toute action décisive. II. Une gouvernance opaque et une gestion sclérosée
Le rétablissement de la taxe de formation professionnelle, désormais collectée par les services fiscaux via un Compte d’Affectation Spéciale (CAS), n’a pas produit les résultats escomptés en raison d’une gestion manquant de transparence.
Détournement des priorités financières : Alors que le CAS doit financer exclusivement l’ingénierie et la matière d’œuvre, ses ressources sont trop souvent détournées de leur objet initial. A titre d’exemple, l’opacité entourant l’approvisionnement des années antérieures a conduit au refus de certification des comptes par le Conseil d’Administration.
Paralysie pédagogique : Ce déficit financier entraîne l’absence de matière d’œuvre dans nos ateliers, rendant impossible le respect du ratio réglementaire (80% de pratique pour 20 % de théorie). Le non-paiement des vacations et le non-respect des calendriers de stages achèvent de décrédibiliser le parcours de formation.
Sclérose administrative : Nous observons un maintien injustifié de responsables à leurs postes depuis plus de 15 ans, incluant dies agents admis à la retraite qui continuent d’engager l’Etat. Ce verrouillage hiérarchique bloque la promotion interne, démotive les agents et annihile toute perspective de performance.
Monsieur le Président de la République,
Votre ambition pour la souveraineté économique et le plein emploi ne pourra se concrétiser sans une formation professionnelle forte. Offrir un métier à chaque Gabonais, c’est lui restituer sa dignité et garantir l’indépendance de notre pays.
Pour que votre vision porte ses fruits, il est impératif d’assainir ce secteur en le libérant des réseaux d’influence et des gestionnaires défaillants qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment du service public.
L’espoir de tout un corps de métier repose désormais sur la fermeté de votre arbitrage.
Dans l’attente d’une suite que j’espère salvatrice pour notre jeunesse et notre économie, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération et de mon soutien indéfectible.
Prince Prosper Engonga Enseignant-Formateur Président-Fondateur du SYFOP Conseiller Municipal
La note d’Afrique est média panafricain d’information général qui promeut les valeurs de solidarité, de développement et de paix. Fondé en juillet 2022 à Libreville au Gabon par KSC-PRODUCTION, le journal panafricain propose une couverture de l’actualité africaine et des enjeux socio-politico-economique et environnementale du continent.
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